Saint Marc

Prière et liturgie

Le 25 avril dans le calendrier romain, la collecte du jour et la mémoire copte de saint Marc.

La fête du 25 avril dans le calendrier romain

Le calendrier romain fête saint Marc le 25 avril. Le degré liturgique retenu est celui de « fête », un rang intermédiaire réservé aux apôtres et aux évangélistes : messe avec Gloria, couleur rouge des martyrs. Ce n’est pas une solennité, mais ce n’est pas non plus une simple mémoire — c’est le degré propre à ceux dont l’Église lit encore aujourd’hui les mots.

Les lectures du jour le rappellent avec sobriété. La première lecture, tirée de la première lettre de Pierre, cite l’apôtre lui-même désignant Marc comme « mon fils ». L’évangile proclamé est celui de Marc — son propre texte, lu le jour où l’Église fait mémoire de lui. Entre les deux, le psaume 88 porte un refrain qui résume assez bien ce que cette fête donne à entendre : « Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ! »

Les Rogations mineures : une coïncidence de calendrier, pas une origine commune

Le 25 avril porte, dans le calendrier traditionnel, un second nom : Litania Major, la litanie majeure. Avant d’être chrétienne, cette date était à Rome celle des Robigalia, une procession agraire demandant aux dieux de protéger les moissons de la rouille du blé. Devenue chrétienne, l’observance n’a pas changé de forme — une procession, des litanies des saints — mais de destinataire : on y demande désormais à Dieu la protection des récoltes. Elle est attestée comme pratique établie sous le pape saint Grégoire le Grand, vers 604.

Il faut se garder d’un contresens répandu : cette procession n’a pas été instituée en l’honneur de saint Marc. Elle lui est antérieure de plusieurs siècles. C’est la fête de l’évangéliste qui est venue s’inscrire, au IXe siècle, sur une date romaine déjà fixée — une coïncidence de calendrier, non un lien d’origine.

Les Rogations mineures, celles que l’on associe le plus souvent aujourd’hui à ce mot, sont un rite distinct : instituées en 470 par saint Mamert, évêque de Vienne, elles se célèbrent les trois jours précédant l’Ascension. Depuis la réforme liturgique de 1969-1970, ni les unes ni les autres ne sont d’obligation universelle ; leur observance est laissée à l’appréciation de chaque conférence épiscopale.

La collecte du jour

Il n’existe pas, à la différence de certains saints très populaires, de prière traditionnelle unique et largement répandue adressée à saint Marc. Sa figure reste attachée avant tout à son Évangile et à son rôle d’évangéliste, plus qu’à un culte de dévotion personnelle assorti de formules propres.

Le texte de prière le mieux attesté qui lui soit lié dans la liturgie romaine reste, à ce titre, la collecte — l’oraison d’ouverture — de la messe du 25 avril, telle qu’elle figure dans le Missel romain actuel :

« Tu as accordé au bienheureux Marc, ton évangéliste, l’honneur et la grâce de proclamer la Bonne Nouvelle ; fais-nous profiter de son enseignement pour que nous marchions dans la foi sur les traces du Christ. »

Cette collecte prolonge une tradition latine ancienne, portée depuis le missel tridentin jusqu’à l’édition actuelle — une continuité que la proximité des deux textes suggère fortement, sans qu’on puisse ici en citer la forme latine avec une entière certitude philologique.

Patronages traditionnels

La tradition populaire attribue à saint Marc le patronage de plusieurs métiers liés à l’écriture — notaires, secrétaires et greffiers, vitriers — une association qui doit sans doute quelque chose à son rôle de rédacteur de l’Évangile. Ces attributions ne relèvent pas d’un décret romain unique mais d’un consensus établi par l’usage.

Sur le plan géographique, deux villes se réclament de lui avec une continuité historique forte. Venise en a fait son saint patron principal depuis 1071 ; ses reliques, dérobées à Alexandrie au IXe siècle, reposent dans la basilique qui porte son nom. Aquilée le revendique comme évangélisateur de la région et fondateur, par l’intermédiaire de son disciple Hermagoras, de son siège épiscopal — un lien qui explique en partie l’héritage liturgique que Venise s’en reconnaîtra plus tard.

La tradition copte : la fête et sa place dans le calendrier liturgique

L’Église copte orthodoxe se reconnaît fondée par saint Marc, qu’elle considère comme son premier patriarche. La tradition rapporte qu’il fut envoyé en Égypte pour organiser les communautés chrétiennes d’Alexandrie, qu’il y fonda le siège épiscopal et l’école catéchétique qui rendra la ville célèbre, avant d’y subir le martyre.

Le calendrier copte, de type julien, situe sa fête au 30 Baramouda, ce qui correspond au 8 mai du calendrier grégorien actuel — une date distincte du 25 avril romain. Il ne s’agit pas d’une même célébration simplement décalée, mais de deux fixations calendaires indépendantes, héritées de deux traditions liturgiques différentes.

Un geste œcuménique est venu, au XXe siècle, rapprocher les deux mémoires : en 1968, le pape Paul VI restitue à l’Église copte une part des reliques de saint Marc, conservées depuis des siècles à Venise. Ce geste a conduit à la construction, au Caire, de la cathédrale qui abrite aujourd’hui le siège du patriarcat copte-orthodoxe.

Anges de la basilique Saint-Marc, mosaïque byzantine — domaine public, Wikimedia Commons